Porras Omar, mise en espace, jeu

Ayant grandi en Colombie, Omar Porras arrive à Paris à l’âge de vingt ans, en 1984. Il fréquente d’abord deux ans durant la Cartoucherie de Vincennes, découvre, fasciné, le travail d’Ariane Mnouchkine et de Peter Brook, fait un bref passage dans l’École de Jacques Lecoq, travaille avec Ryszard Cieslak, puis rencontre Jerzy Grotowski – ce qui va l’inciter à s’intéresser aux formes orientales (Topeng, Kathakali, Kabuki).
C’est donc tout naturellement que, quand il arrive à Genève en 1990 et fonde le Teatro Malandro, il af rme une triple exigence de création, de formation et de recherche qui reste la sienne aujourd’hui.
Son répertoire puise autant dans les classiques avec Faust de Marlowe (1993), Othello et Roméo et Juliette de Shakespeare (1995 pour l’un, et 2012 puis 2017 en japonais pour l’autre), Les Bakkantes d’Euripide (2000), Ay ! QuiXote de Cervantès (2001), El Don Juan de Tirso de Molina (2005; en japonais en 2010), Pedro et le commandeur de Lope de Vega (2006), Les Fourberies de Scapin (2009), que dans les textes modernes et contemporains avec La Visite de la vieille dame de Friedrich Dürrenmatt (1993; 2004; 2015), Ubu Roi d’Alfred Jarry (1991), Striptease de Slawomir Mrozek (1997), Noces de sang de Garcia Lorca (1997), Histoire du soldat de Ramuz (2003 ; 2015 ; 2016), Maître Puntila et son valet Matti de Bertolt Brecht (2007), Bolivar : fragments d’un rêve de William Ospina (2010), L’Éveil du printemps de Frank Wedekind (2011) et La Dame de la mer d’Ibsen (2013). Parallèlement au théâtre, il explore l’univers de l’opéra avec L’Élixir d’amour de Donizetti (2006), Le Barbier de Séville de Paisiello (2007), La Flûte enchantée de Mozart (2007), La Périchole (2008) et La Grande Duchesse de Gérolstein (2012) d’Offenbach et s’aventure même sur le terrain de la danse avec Les Cabots, une pièce chorégraphique imaginée et interprétée avec Guilherme Botelho de la Cie Alias (en 2012).
En 2017, avoir traversé le mythe de Dionysos, de Faust, de Don Quichotte ou encore de Don Juan, Omar Porras aborde celui de Psyché, aux accents de conte féerique, qu’il adapte en croisant la matrice originelle du texte de Molière et le goût de la parole du XVIIe siècle avec d’autres sources comme les versions d’Apulée et La Fontaine pour un voyage dans l’imaginaire. Cette même année, il interprète le rôle de Krapp dans La dernière bande, mis en scène par Dan Jemmett.
Plusieurs distinctions ont salué sa démarche et son travail dont, en 2014, le Grand Prix suisse du théâtre – Anneau Reinhart. Depuis juillet 2015, il dirige le TKM Théâtre Kléber-Méleau à Renens.


Rencontres musicales avec Cédric Pescia 2019